Gaël Faye : la beauté des mots

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Gaël Faye, son histoire

Gaël Faye est né en 1982 à Bujumbura, au Burundi, d’une mère rwandaise et d’un père français.

En 1995, à l’âge de 13 ans, il fuit son pays natal pour la France après le déclenchement de la guerre civile au Burundi en 1993 et le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994.

Le génocide Rwandais

Le génocide rwandais a été un véritable massacre, il a duré 3 mois, entre avril 1994 et juillet 1994. Plus de 800 000 personnes ont été assassinées.

« Les hommes de cette région étaient pareils à cette terre. Sous le calme apparent, derrière la façade des sourires et des grands discours d’optimisme, des forces souterraines, obscures, travaillaient en continu, fomentant des projets de violences et de destruction qui revenaient par périodes successives comme des vents mauvais : 1965, 1972, 1988. Un spectre lugubre s’invitait à intervalle régulier pour rappeler aux hommes que la paix n’est qu’un court intervalle entre deux guerres. Cette lave lumineuse, ce flot épais de sang était de nouveau prêt à remonter à la surface. Nous ne le savions pas encore, mais l’heure du brasier venait de sonner, la nuit allait lâcher sa horde de hyènes et de lycarons. » Gaël Faye

Où se trouvent le Rwanda et le Burundi ?

ici

Sa vie en France

Gaël Faye vivra son adolescence dans les Yvelines à Versailles. Après des études de commerce, il travaillera dans des bureaux à Londres durant deux ans. Il se répétera alors tous les jours une phrase de Brel comme un mantra :

« Le monde sommeille par manque d’imprudence »

Il prendra alors la décision de quitter la cité de Londres pour se lancer dans l’écriture et la musique.

Gaël Faye parle de Brel : « Le monde sommeille par manque d’imprudence »

 

Gaël Faye, l’écrivain

L’histoire du livre « Petit Pays »

Gaël Faye décrit la vie au Burundi au travers des yeux d’enfant de Gabriel. La première partie du livre raconte les souvenirs d’une vie heureuse au Burundi, le petit paradis de Gaby. On découvre les paysages, les moments en famille, les quatre cents coups avec ses copains. La deuxième partie nous fait découvrir l’horreur de la guerre et la destruction progressive du quotidien de Gaby…

Des descriptions comme des poèmes

Gaël Faye décrit merveilleusement bien les choses. Ses descriptions sont des poèmes.

Quelques extraits du livre :

Rien n’est plus doux que ce moment où le soleil décline derrière la crête des montagnes. Le crépuscule apporte la fraîcheur du soir et des lumières chaudes qui évoluent à chaque minute. A cette heure-ci, le rythme change. Les gens rentrent tranquillement du travail , les gardiens de nuit prennent leur service, les voisins s’installent devant leur portail. C’est le silence avant l’arrivée des crapauds et des criquets. Souvent le moment idéal pour une partie de football, pour s’asseoir avec un ami sur le muret au-dessus du caniveau, écouter la radio l’oreille collée au poste ou rendre visite à un voisin.

Les essuie-glaces ne servaient plus à grand-chose, s’essoufflaient vainement sur le pare-brise. Dans la nuit d’encre, le feux des voitures balayaient la route, coloriaient de jaune et de blanc les gouttes de pluie.

La souffrance est un joker dans le jeu de la discussion, elle couche tous les autres arguments sur son passage. En un sens, elle est injuste.

– Un livre peut nous changer ?
– Bien sûr, un livre peut te changer ! Et même changer ta vie. Comme un coup de foudre. Et on ne peut pas savoir quand la rencontre aura lieu. Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis.

 

Gaël Faye, le musicien

Lorsque vous aurez lu son livre, vous n’écouterez pas ses musiques de la même manière. Tout prend un sens plus profond.

Les chansons à écouter absolument :

Petit Pays

Une feuille et un stylo apaisent mes délires d’insomniaque
Loin dans mon exil, petit pays d’Afrique des Grands Lacs
Remémorer ma vie naguère avant la guerre
Trimant pour me rappeler mes sensations sans rapatriement
Petit pays je t’envoie cette carte postale
Ma rose, mon pétale, mon cristal, ma terre natale
Ça fait longtemps les jardins de bougainvilliers
Souvenirs renfermés dans la poussière d’un bouquin plié
Sous le soleil, les toits de tôles scintillent
Les paysans défrichent la terre en mettant l’feu sur des brindilles
Voyez mon existence avait bien commencé
J’aimerais recommencer depuis l’début, mais tu sais comment c’est
Et nous voilà perdus dans les rues de Saint-Denis
Avant qu’on soit séniles on ira vivre à Gisenyi
On fera trembler le sol comme les grondements de nos volcans
Alors petit pays, loin de la guerre on s’envole quand?

Tôt le matin

Si ta vie est tracée, dévie!
Prends des routes incertaines, trouve des soleils nouveaux
Enfile des semelles de vent, deviens voleur de feu
Défie Dieu comme un fou, refais surface loin des foules
Affine forces et faiblesses, fais de ta vie un poème
Sois ouragan entre rebelles, houngan!
Empereur de brigands, Mackandal, Bois-Caïman
Écris des récits ou te cogner à des récifs
Une feuille blanche est encore vierge pour accueillir tes hérésies
Lis entre les vies, écris la vie entre les lignes
Fuis l’ennui des villes livides si ton cœur lui aussi s’abîme

 
 
 
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7 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Anna dit :

    Merci Estelle pour ce jolie récit qui décrit Gaël Faye !
    J’espere Te lire encore bientôt 🙂

    1. Estelle dit :

      Merci beaucoup Anna pour ton retour 🙂

  2. Emma dit :

    Cet article est très inspirant et donne vraiment envie de découvrir cet artiste ! Je vais acheter son livre sans attendre !

    1. Estelle dit :

      Merci Emma pour votre retour 🙂 Vous ne serez pas déçu du livre ! A très vite

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